Le monde merveilleux de la course à pieds

16 septembre 2016

Non classé

Coureur amateur et sur le tard depuis plus de 10 ans, j’ai toujours apprécié la liberté que procure cette pratique sportive, tant par le peu d’investissement financier qu’elle nécessite (en dehors d’une bonne paire de chaussures, le reste n’étant que folklore, à mon humble niveau …), que par sa facilité d’exécution et les horizons rendus disponibles (du simple tour du pâté de maison au périple plus exotique …) !

Initialement cantonné à une pratique solitaire (sic) permettant une introspection salvatrice, je me suis laissé tenter par quelques courses de « masse », avec une certaine méfiance cependant, car l’engouement médiatique pour ces foulées et le nombre de sponsors exponentiel me semblait suspect : l’idée de me retrouver à gambader sur le bitume pour des kilomètres avec un nombre conséquent de mes coreligionnaires m’emballait assez peu, étant par nature peu adepte des manifestations à plus de 2, chez moi comme ailleurs …

J’ai donc tenté l’expérience, à plusieurs reprises même, dans divers endroits de notre cher hexagone et pour des distances croissantes avec l’âge et l’expérience, et j’en ai tiré les enseignements suivants :

-       L’altruisme du coureur est inversement proportionnel à la distance à parcourir : il semblerait que confronté à l’adversité, la douleur et la fatigue, il soit plus attentif et potentiellement attentionné envers ses compagnons de route …

-       Le culte de la performance est hélas, comme dans beaucoup d’autres disciplines, très présent, et le regard du coureur plus souvent posé sur sa montre que sur ce qui l’entoure, parfois au détriment des sites traversés ou des personnes rencontrées sur le bord de la route, et quelquefois malheureusement à l’origine de chutes rocambolesques, de carambolages épiques voire de réelles incivilités avec bousculades à l’arrivée pour gratter quelques secondes dérisoires …

-       Le prix au kilomètre de ces courses (et donc du dossard) est affolant pour les plus « renommées » d’entre elles, paradoxalement inversement proportionnel au nombre de coureurs inscrits et à celui des sponsors, sachant que beaucoup de ces courses font appel pour leur logistique à des bénévoles : dans quelle(s) poche(s) va donc cette incroyable manne financière ? pas dans celle des coureurs, en tout cas …

-       Les sujets de discussion des coureurs sont, assez souvent, très ennuyeux et relativement prévisibles : le nombre de courses faites, le ou les records personnels, les blessures (étant médecin, j’ai l’insigne privilège d’être particulièrement concerné par cette dernière rubrique …), les courses prévues et les temps espérés, tout cela dans un mélange d’odeurs de camphre, de Kamol et autres baumes censés améliorer la performance à venir, dans l’attente du départ : à de rares exceptions mémorables, je n’ai jamais pu aborder les sorties cinéma ou littéraire de la semaine, la loi Macron ou un pronostic pour l’Eurovision prochaine …

-       Un nombre relativement conséquent de coureurs et de coureuses, souvent parmi les plus jeunes, s’affublent d’écouteurs voire de casques, pour faire leurs courses en musique, se coupant de facto des nombreux contacts et échanges que ces rassemblements pourraient favoriser : à cet effet, et sans doute afin de lutter contre l’autisme sportif, la fédération française d’athlétisme a décidé d’interdire, avec sa sagesse proverbiale et son pragmatisme inoxydable, ces appendices auditifs des courses, avec exclusion et arrachage du dossard en cas de non obtempération ! On devrait donc voir fleurir, dans les mois qui viennent, des zélotes assermentés scrutant, sous les bonnets, chapeaux et autres bandeaux, ces satanés accessoires, en attendant l’interdiction prochaine des chaussettes de contention, maillots respirants ou semelles amortissantes …

Bref, vous aurez compris que je ne me suis pas épanoui dans ces courses, à de rares exceptions notoires (merci le marathon du Médoc !) et, comme Brassens auprès de son arbre, je m’en suis retourné dans mes chemins et sentiers, le nez en l’air mais pas trop, respirer la nature à mon rythme et fouler les herbes folles … Je retiens quand même de ces grands messes sportives les badauds désintéressés sur le bord de la route, sortis de leur logis sans que rien ne les y oblige, pour distribuer (gratuitement !) encouragements et applaudissements, ainsi que les très nombreux bénévoles, sans lesquels beaucoup d’activités liées au sport notamment, ne pourraient avoir lieu, et jamais avares d’un sourire, d’une aide, d’un regard bienveillant …

Je vous laisse, je retourne courir …

 

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